samedi 13 octobre 2007

Montre-moi ton ADN !

Le Comité consultatif national d'éthique pour les sciences de la vie et de la santé vient de rendre son 100e avis.
Un texte court et clair à propos de l'amendement Mariani sur la possibilité de vérifier la filiation des candidats au rapprochement familial.
"L'erreur, dit notament ce texte, est de laisser penser qu'en trouvant le gène, la filiation serait atteinte. La filiation passe par un récit, une parole, pas par la science. L'identité d'une personne et la nature de ses liens familiaux ne peuvent se réduire à leur dimension biologique. (...) D'une manière générale le CCNE attire l'attention sur la dimension profondément symbolique dans la société de toute mesure qui demande à la vérité biologique d'être l'ultime arbitre dans des questions qui touchent à l'identité sociale et culturelle." Mais je vous invite vraiment à lire en entier ce texte téléchargeable ici.
Il est tout de même plutôt réconfortant de constater qu'une instance (fût-elle consultative) de nos institutions, est capable de penser la filiation en tant que "récit" ou "parole".

Photo : Vous me reconnaissez ? (© Accelerys)

vendredi 12 octobre 2007

Le colis rouge

Un petit coup de pub sacrément mérité à Clotilde Perrin pour son chouette "colis rouge" qui vient de paraître aux éditions Rue du monde.
C'est rigolo, riche et bourré de détails, quelque chose à mi-chemin entre Jérôme Bosch et Où est Charlie, pour simplifier, ce qui doit correspondre exactement à Lewis Carroll, si je n'ai pas fait d'erreur de calcul. D'ailleurs, tiens, j'offre le prochain bouquin de Clotilde Perrin au premier qui est capable de me dire combien il y a de "citations/allusions" dans Le Colis Rouge (À une condition tout de même, c'est que l'auteur soit capable de me confirmer que la réponse est juste... ce qui n'est pas certain vu la profusion d'allusions.)
L'ouvrage est conseillé à partir de 3 ans ; je peux vous dire que moi qui les ai passés depuis quelques dizaines d'années, je ne me suis pas ennuyé une seconde en partant à la recherche de ce colis au mystérieux contenu.
Comme il n'est pas forcément en rayon (l'autre jour, je l'ai cherché à la Fnac, mais au rayon premier âge, ils n'ont plus que les licences Walt Disney et autres chef d'œuvres de la littérature enfantine...), n'hésitez pas à le demander !
Pour en savoir un peu plus sur l'auteur, allez faire un tour sur son site, il est très réussi également : c'est exactement ici.

jeudi 27 septembre 2007

Réponse présidentielle

Ce matin, coincée entre une pub de son ami Bernard Arnault (propriétaire de Connaissance des Arts) et une autre de Handicap international, il y avait au courrier, une lettre à en-tête de la Présidence de la république.
Bien entendu, il a fallu quelques semaines au staff présientiel pour tourner adroitement une fort courtoise réponse à mon mail du 30 juin, mais je ne trouve pas ce délai scandaleusement exagéré.
Alors, que me dit donc Le Chef de Cabinet ? Il me dit que le Chef de l'État comprend [mes] sentiments face au décès tragique du jeune garçon, qu'il a rencontré ses parents et qu'il a rappelé que le fait pour un fonctionnaire de ne pas respecter les règles constituait une circonstance aggravante.

Dont acte. Reste le symbole. Vanter les mérites de la Police à grand renfort de déplacements et de cérémonies larmoyantes et critiquer ses erreurs en catimini : deux poids, deux mesures.

Photo : mon courrier en vrac au-dessus du journal "Les Échos" que tente toujours d'acheter Bernard Arnault qui n'a pas l'air de comprendre le caractère véritablement incestueux de ce rapprochement !

vendredi 24 août 2007

Sarkozy Sarkozy Sarkozy Sarkozy Sarkozy Sarkozy Sarkozy Sarkozy

L'omniprésence médiatique de notre lutin national fait plaisir à voir en cette période de pré-rentrée :
Sur la page d'accueil du Monde.fr de ce jour, sur le coup de 16 heures, on comptait 12 fois son nom (je ne parle naturellement pas des citations qui se trouvent vraisemblablement à foison à l'intérieur des papiers, mais simplement de celles qui sont accessibles sans aucun clic !) et une (médiocre) petite photo.
Sur la page d'accueil du Figaro.fr, à la même heure, le même jour, et à égalité avec Libération.fr, on compte 4 citations seulement (y'en a un qui va se faire taper sur les doigts !) et 2 photos (dont une en tête de page pour illustrer un papier expliquant que Sarko veut trouver le moyen de faire condamner un déliquant même quand il est pénalement irresponsable ; cette nouvelle tocade suivant sa proposition de conditionner la libération des délinquants sexuels ayant achevé leur peine au bon vouloir d'une commission médicale, et sa décision de limiter le pouvoir d'appréciation des juges, montre que l'inventivité judiciaire du Président est décidément sans limite.)

NB : Occupé comme il est, le Président n'a malheureusement pas encoure eu le temps de répondre à mon mail. Dommage !

Photo : Ah, non ! Pas de photo aujourd'hui !

jeudi 23 août 2007

La démolition n'est pas une soirée de gala

Qu'on me pardonne ici de paraphraser le Grand Timonier, notre bon Président Mao. Mais en fait de révolution, la Chine connaît actuellement une grande période de démolition qui n'est pas de tout repos, mais inspire énormément les photographes chinois exposés cet été aux rencontres d'Arles.
Vous n'y êtes pas encore allés ? Ne me dites pas que vous n'avez pas eu le temps : vous avez encore jusqu'au 16 septembre.
Bien sûr, il n'y a pas que la Chine, tant s'en faut, à Arles, mais j'avoue que les photographes du Dashanzi Art District de Pékin m'ont bluffé.
Inspirés par la démolition/reconstruction que subit la capitale chinoise, ils n'en finissent pas de photographier cette mutation avec un talent incroyable (sans être un grand spécialiste, je ne suis pas loin de penser que la photographie chinoise actuelle est à peu près ce qui se fait de plus intensément intéressant aujourd'hui.)

Petits tirages en noir et blanc qui font revivre un squatt d'artistes et égrennent jour après jour le temps de la démolition ; est-ce abuser que de souligner que ce travail d'une grande poésie est justement construit par un couple de photographes sino(lui, Rongrong)-japonais(elle, Inri.) Manifestement, nous sommes après la guerre (celle des années 30, celle de la "révo cul dans la chine pop", celle de la dictature du prolétariat), et sur ses ruines se reconstruit sans doute quelque chose. D'une certaine façon, Rongrong et Inri sont les petits cousins de Georges Rousse.

Immenses tirages en couleur, impeccablement lisses et nets comme le permet aujourd'hui le numérique, qui laissent apparaître des foules (il y a presque toujours beaucoup de monde, sur les photos des chinois !) et quelque part, au douzième étage d'un building étincelant, regardant par la baie vitrée, une fille aux cheveux violets.

D'autres très grands tirages noir et blanc montrant des immeubles en construction permanente d'où surgissent de chaque ouverture hommes et femmes d'une société en mutation, tout cela est indescriptible : il faut aller le voir (vous aurez un tout petit aperçu en allant ici.)

À propos de Chine, j'aurais pu aussi dire un mot de Lao She (Quatre générations sous un même toit, une saga de 2500 pages dont j'ai lu le premier tome et qu'il faut recommander à tous ceux qui s'intéressent à la Chine) et plus contemporain, Qiu Xiaolong, le seul auteur de polar qui n'hésite pas à citer Jacques Derrida !



mercredi 25 juillet 2007

Le vélo, c'est l'Amérique !

Je m’explique : quoi qu’on en dise, le vélo fait des progrès. L’exclusion de Vinokourov pour cause de transfusion homologue montre peut-être que le tour n’est pas « propre », mais elle montre surtout que les tricheurs confondus sont sévèrement punis !
C’est comme en Amérique, au fond : la démocratie américaine a tendance à puer de la gueule par moments, elle agace, elle irrite, elle énerve, mais au moins, là-bas, quand on est pris, on est pris. Que l’on soit député, sénateur ou président n’y change rien. Eh bien, le vélo, désormais, c’est pareil : après une longue période où l’on aurait pu dire « le vélo, c’est la France » (le pays où quand on est pris, on n’est quand même pas pris), ce sport atteint sans doute l’âge de raison, celui où les méchants ont une bonne chance non seulement d’être pris la main dans la poche de sang congelé, mais aussi sévèrement sanctionnés, et c’est tant mieux.
Il y a seulement quelques années, on aurait entendu : « Rasmussen est propre, regardez, il n’a subi aucun contrôle positif » ; aujourd’hui, tout le monde se dit : « bon, c’est quoi son truc, à Rasmussen ? L’autotransfusion ? », car le fait qu’il ne marche pas à l’eau claire ne semble faire de doute pour personne… On a même le sentiment que les experts du contrôle anti-dopage sont lancés dans un long contre la montre pour essayer de le coiffer au poteau, juste avant l’arrivée sur les Champs Elysées… Et, franchement, on leur dit bonne chance !

Pour terminer, une idée simple pour faire avancer le schmilblick anti-dopage : supprimer chaque jour environ deux heures de retransmission télé du Tour. Ça permettra aux coureurs, pendant ce temps-là, de rouler à une rythme humain.

Photo : Jean-Pierre Cardona, fondu du vélo, vend ses petites figurines sur son site. C’est rigolo, non ?

mercredi 11 juillet 2007

Srebrenica, 11-15 juillet 1995

Aujourd'hui, 11 juillet 2007,
douze ans après les massacres de Srebrenica par les troupes serbes,
Ratko Mladic et Radovan Karadzic n'ont toujours pas été arrêtés.

Pour mémoire, tous deux sont poursuivis par le Tribunal pénal international de La Haye :

Ratko Mladic pour :
Génocide, complicité de génocide, persécutions, exterminations, meurtre, expulsions, actes inhumains, terrification illégale de civils, traitements cruels, attaques contre des civils, prises d'otages,
ces chefs d'accusation constituant des crimes contre l'humanité, crimes de guerre, ou violation des lois ou coutumes de la guerre.



Radovan Karadzic pour :
Génocide, complicité de génocide, extermination, meurtres, homicides intentionnels, persécutions, expulsions et autres actes inhumains, répandre illégalement la terreur parmi les populations civiles, prises d'otages,
ces chefs d'accusation constituant des crimes contre l'humanité, crimes de guerre, ou violation des lois ou coutumes de la guerre.

mardi 10 juillet 2007

Pour en finir avec les intermittents !

Pardon pour ce titre ravageur… Je n’ai pas pu me retenir. Bien entendu, il n’est pas question pour moi d’en finir avec les intermittents, mais avec le problème qui se pose aux intermittents en matière de droits au chômage.
Comment ? De la façon la plus simple qui soit !
Les intermittents donnent du plaisir à tous les spectateurs, quel que soit leur statut professionnel, nous sommes bien d’accord ? Même si ces spectatreurs se révèlent être fonctionnaires ou des professionnels libéraux, non ?
Or les fonctionnaires, tout comme les professionnels libéraux, par nature, ne cotisent pas pour le chômage et ne participent pas à la gestion de l’Unedic qui se gratte la tête pour savoir comment indemniser des intermittents qui ont eux-mêmes galéré pour trouver la 507e heure avant la fin du 319e jour…
Je propose donc que l’on ponctionne les fiches de paye de tous les fonctionnaires et les revenus des professionnels libéraux d’une somme modeste, par exemple 5 euros par mois, même pas le prix d’une place de cinéma, tout juste le prix d’une place d’opéra tout en haut du poulailler, pour alimenter le fond d’indemnisation des intermittents. 5 euros par mois et par 5 000 000 de fonctionnaires + 1 000 000 de libéraux, ça nous fait 360 000 000 tout rond ! Soit de quoi payer chaque année un an de chômage à 200 000 intermittents au niveau du SMIC (c'est un exemple.) Je ne suis pas sûr que ça règle totalement le problème, mais ça doit sérieusement l’amenuiser, non ?
Quand je regarde dans mon entourage, je m’aperçois que je connais personnellement plusieurs intermittents ou aspirants-intermittents qui vivent avec des fonctionnaires, des professionnels libéraux qui se vantent de défendre les arts et le spectacle vivant et qui ont pour amis des intermittents… Ils auraient vraiment mauvaise grâce à refuser ce geste de solidarité !

NB : à l’intention des fonctionnaires et libéraux qui cherchent déjà une bonne excuse : un malheureux smicard du privé, payé 1250 euros bruts se voit ponctionné de 30 euros par mois de cotisation chômage, et son patron en rajoute 50 de plus. On voit que les 5 euros que je demande sont vraiment bien modestes. En ce qui me concerne, je vote pour !

Photo : désolé ! Je n'ai pas noté les références. Vous la trouverez en faisant une recherche à partir de "intermittents" sur Google images.

vendredi 6 juillet 2007

Devoirs de vacances

Exercice 1 :

Monsieur Arnault est propriétaire depuis plusieurs années du quotidien économique La Tribune, qui perd environ 12 millions d’euros par an.
Aujourd’hui, il se propose de vendre ce quotidien pour racheter Les Échos, le grand concurrent de La Tribune.
Question : Sachant que Les Échos gagne actuellent environ 10 millions d’euros par an, en combien de temps M. Arnault arrivera-t-il à lui faire perdre 12 millions ?
(L’usage de la calculette est autorisé)


Exercice 2 :

Actuellement en Grande Bretagne on compte 5% de chômeurs, ce qui est un excellent score connu de tout le monde ; il y a par ailleurs 20% de pauvres (soit 12 millions de personnes), ce qui est peut-être un tout petit peu moins connu.
La France, cancre des pays développés, compte aujourd’hui autour de 9% de chômeurs ; et à peu près 11% de pauvres (soit 6 millions et demi de personnes.)
M. Sarkozy souhaite que la France arrive le plus vite possible à 5% de chômeurs.
Question 1 : Peut-on raisonnablement espérer faire progressiverment passer notre pourcentage de pauvres de 11 à 20% de façon à rattrapper le niveau de nos brillants voisins d’outre Manche ?
Question 2 : À votre avis, l’augmentation du nombre de pauvres sera-t-elle directement proportionnelle à la baisse du chômage ou au contraire plus rapide ?
(NB, dans l'ensemble de ces exercices, par « pauvre » on entend les individus vivant avec moins de 60% du revenu médian, soit environ 780 euros par mois en France et sans doute à peu près autant en G.-B.)

Exercice 3 :

Le gouvernement prépare des allègements fiscaux à hauteur de 11 à 13 milliards d’euros en année pleine, en supprimant pratiquement tous les droits de succession et en limitant l'ISF payable par les plus fortunés de nos concitoyens.
Ce montant représente (voir exercice 2) à peu près 2 000 euros par pauvre.
Imaginons maintenant qu’au lieu de prévoir ces allègements, le gouvernemant fasse un cadeau fiscal aux pauvres en leur offrant à chacun 2 000 euros.
Selon vous :
  • Réponse 1 : Ce n’est pas une bonne idée parce que toute façon les pauvres achètent des choses de mauvaise qualité (et souvent d’assez mauvais goût.)
  • Réponse 2 : Ce serait une erreur parce que tout ce qui apauvrit les riches finit un jour où l’autre par apauvrir les pauvres (selon l’adage qui veut que quand les riches seront pauvres, les pauvres seront morts.)
  • Réponse 3 : C’est une bonne initiative, à condition d’abaisser la première tranche d’imposition sur le revenu.
Exercice 4 :

Pour financer les dépenses de santé, le gouvernement réfléchit à 2 options :
  • première possibilité : augmenter la CSG prélevée sur tous les revenus de 2% environ,
  • deuxième possibililté : augmenter le taux « normal » de la TVA qui affecte toutes les dépenses (ou presque) de 5%.
Sachant que les ménages les plus modestes ont un taux d’épargne de l’ordre de 0% et que les ménages aisés ont eux un taux d’épargne de l’odre de 15 à 30% selon leur degré d’aisance, et que, comme nous l'avons rappelé plus haut, on ne paye la TVA que sur l'argent qu'on parvient à dépenser :
  • Question 1 : calculez l’économie moyenne que réaliseraient les ménages les plus aisés si le gouvernement choisissait l’option TVA plutôt que l’option CSG.
  • Question 2 : calculez la probabilité pour que le gouvernement choisisse l'option CSG.
Pour cet exercice, on considèrera comme négligeable la problématique "TVA sociale".

Photos (de haut en bas) : • portait de B. Arnault par Kerleroux, emprunté sur www.bakchich.info (vaut le détour) • Raining Stones, le chef d'œuvre de Ken Loach,Le ministère des finances • Saint Nicolas annonçant à B. Arnault en prière que c'est bien l'option TVA qui a été choisie.

lundi 2 juillet 2007

Levant le nez en l'air...

Gamin que je suis… Peux pas entendre un moteur d’avion sans lever le nez en l’air ! Oui, mais cette fois, regardez vous-mêmes ce que j’ai vu : Christian Moullec et ses grues sauvages.
Quel spectacle ! Vol parfait, superbe.
Christian Moullec accompagne des oiseaux migrateurs avec son ULM pour permettre aux jeunes de trouver des routes sûres ; pour ce faire, il commence, si j’ai bien compris, par les apprivoiser un tant soit peu, si bien que les oiseaux (oies ou grues en particulier) le prennent pour leur maman (souvenez-vous de Konrad Lorenz , Il parlait avec les mammifères, les oiseaux et les poissons.)
Christian Moullec a un petit site internet sur lequel vous trouverez quelques belles photos et un articles très passionnant sur H5N1. C’est ici.

Levant encore les yeux au ciel, j’ai aussi vu ça : Les petites silhouettes que vous distinguez au-dessus de l’aile haute de ces rigolos biplans, ce sont deux acrobates qui n’ont pas froid aux yeux… surtout quand elles regagnent leur place assise, à l’arrière de l’avion, en plein vol !

Photos prises lors du meeting aérien organisé par le SIGAL sur l'aérodrome de Marcq-Bondues-Marquette-Wambrechies (LFQO)