dimanche 8 février 2015

La Commune de Paris, 1871

Barricade pendant la Commune. Lieu indéterminé (en haut à droite de la photo, on aperçoit une enseigne incomplète "AUX MYSTERES")

Détail
Cette photo inaugure la publication sur ce blog de quelques unes des plus belles ou amusantes photos de ma modeste collection.
Épreuve d'époque. Description technique plus complète sur mon compte Flickr (lien en colonne de droite.)

jeudi 15 janvier 2015

Fallait-il être Charlie ?

Le 7 janvier, comme beaucoup, je ne me suis pas posé la question : "aujourd'hui, nous sommes tous Charlie" ai-je tweeté (sans un écho énorme, le tweet relevant chez moi plus du journal intime que de l'outil du crieur en place publique.)
Il s'agissait d'une réaction instinctive, et, comme nous avions pu affirmer 45 ans plus tôt, "nous sommes tous des juifs-allemands", j'affirmais "aujourd'hui, je suis Charlie".
 Aurais-je eu la même viscérale réaction s'il ne s'était pas trouvé parmi les victimes Cabu et Wolinski ? Je ne le saurai jamais, mais ça ne m'interdit pas de me poser la question.
Pour tout dire, je fais chambre à part avec Charlie depuis un paquet d'années. Son côté grand guignol m'exaspère, je trouve (réaction de vieux con, sans doute) que la provoc n'est pas la meilleure façon d'ouvrir un dialogue, et., etc.
Mais voilà : Charlie dort tout de même dans la chambre à côté, il reste de la famille, et quand il est agressé avec une telle violence gratuite, on ne se pose pas la question de savoir s'il l'a bien cherché, on prend sa défense.
On prend, plutôt, la défense de sa liberté de ton, même si elle nous agace. On ne se pose même pas la question de savoir si elle nous agace, si elle est comme il faut, si... on descend dans la rue, d'urgence, parce que, d'accord, ça fait beau temps qu'on ne le lisait plus, Charlie, mais on savait qu'il dormait dans la chambre à côté.

Et dans la rue, on côtoie des gens tout comme nous. Sur les cinq millions de personnes qui ont défilé en France le week-end dernier, il devait y en avoir quatre millions neuf-cent-cinquante mille qui ne lisaient pas Charlie et quatre millions neuf cent mille qui n'en avaient jamais entendu parler. Et sans doute, comme le fait si finement remarquer Philippe Bilger dans Le Figaro, ces cinq millions de personnes avaient-elles des avis divergents sur plein de sujets (Philippe Bilger, qui ne saurait manifester qu'avec des gens avec lesquels il se sent en parfaite communion, descendra sans doute un jour dans la rue, seul au milieu de la foule comme au milieu du désert, en brandissant une pancarte "Je suis Bilger".)
Il y avait, dans ces rassemblements, quelque chose d'inoui, me semble-t-il : la "force tranquille" qui en émanait ne ressemblait en rien à la colère de la grande manif post 21 avril, ni à la grande joie consécutive à la victoire de la coupe du monde de foot en '98.
Il y avait une gravité et une évidence presque tautologique ("je suis ici parce que je suis ici" auraient sans doute pu dire nombre de manifestants), sans agressivité, sans esprit de revanche (... et même sans débordements d'irresponsables incontrôlables se plaignait -presque- Maître Eolas, qui était de perm "garde à vue" ce dimanche-là, à Paris et qui n'a eu personne à défendre !)
Ce n'était pas une manif "contre" (contre le terrorisme, les islamistes...)
"Je suis Charlie" voulait juste dire : "N'ayez pas peur : un Charlie renaît toujours de ses cendres."

Dimanche soir, chacun est entré chez soi, et les réflexions ont commencé à apparaître ici et là : Bilger, déjà nommé, André Gunthert, et d'autres, nous avouaient qu'ils n'étaient pas Charlie ; le premier par jalousie pure (y aurait-il une telle solidarité, si c'était lui, avec ses idées réactionnaires, qui avait été tué ?), le second par inquiétude ("On ne sait pas ce qu’on a à faire ensemble, mais on sait contre qui" regrette-t-il.)

Alors, fallait-il être Charlie ou pas ? et où peut-on espérer que ce mouvement nous conduise ?

Je maintiens qu'il fallait l'être ! Ce mouvement n'avait pas pour objectif de défendre Charlie en tant que tel, mais de défendre la liberté d'expression qui est un des fondements de notre démocratie, une des soupapes indispensables à sa survie. Et contrairement à ce qu'en pense A. Gunthert, il ne s'agissait pas d'un mouvement "contre", mais d'un mouvement "pour". Il ne s'agissait pas de crier vengeance contre les terroristes, mais d'affirmer que la liberté d'expression est un droit et une nécessité consubstancielle à la démocratie française et plus généralement occidentale.

Oui, mais, comme disait Desproges "on peut rire de tout, mais pas avec tout le monde." Que dirait Desproges aujourd'hui ? Que dirait un "Desproges 2.0", dont toutes la blagues se retrouveraient en un instant sur les réseaux sociaux, dont la moindre vanne destinée au public choisi d'une petite salle de spectacle parisienne trouverait un écho instantané au cœur des régions tribales du Pakistan ou quelque part au fond du Sahara ? Que dirait Coluche qui n'était pas un spécialiste de la dentelle fine s'il devait être pris au mot par des auditeurs d'une autre culture, d'un autre monde, d'une autre sensibilité peu habitués au second degré ?
Sauf à estimer que le web et toutes ses composantes nous obligent à respecter une réserve de susceptibilité dans nos blagues et jeux de mots, nous sommes bien obligés de penser que "Desproges 2.0" dirait aujourd'hui : "on peut rire de tout, et, désormais, on est bien obligé de le faire avec n'importe qui !"

Alors rions, et protégeons la liberté de rire, dût-elle offenser tel ou tel. Car si nous cédons aujourd'hui, demain nous accepterons de ne plus même prononcer le nom de Dieu ("Le Bon Dieu s'énervait, dans son atelier... - Oh là !  Qu'est-ce que tu me chantes-là, toi ? Tu sais que ça m'offense, tu sais qu'on ne prononce pas impunément le nom de Dieu ? Allez , 20 coups de fouet !"), et nous serons contraints de respecter (ou de faire semblant) n'importe quel précepte qu'il agréera à n'importe quel ayatollah de nous imposer. La démocratie en crèvera, parce que notre démocratie vit de cette outrance localisée dans telle émission de radio ou de télé, dans tel canard à diffusion confidentielle dont les auteurs sont capables parfois de nous tendre un miroir déformant, certes, mais qui impose réflexion.

Oui, mais, dira-t-on... Comment ne pas voir que ce qui est en jeu dans cette affaire, c'est moins la liberté de la presse que la violence qu'on fait aux musulmans en caricaturant leur religion ? Allez, ne nous voilons pas la face : au fond, ce que nous retenons de cette affaire, c'est bien que ce sont des musulmans, dévoyés certes, désapprouvés par leur communauté, mais des musulmans tout de même, qui sont à l'origine de ce carnage. Même les catholiques intégristes ne sont jamais allés aussi loin !
Alors, il ne fallait peut-être pas être Charlie, de peur de faire de la peine à nos concitoyens de confession musulmane comme on dit dans les médias. Parce que leur faire de la peine à propos de leur religion, c'est empêcher leur intégration. Et que comme dit le pape François "il y a des limites à la liberté d'expression quand la religion est insultée."

Atelier du rire
Dessin de Ysope (cliquer sur l'image pour aller sur son site.
Eh ben nous y voilà ! Pour faire de peine à personne, parlons de tout et moquons-nous de tout sans exception, sauf :
- des Dieux divers et variés (et voilà, ça commence mal, il n'y a qu'un seul Dieu, qui est Dieu, le tout puissant et miséricordieux)
- des pratiques judiciaro-religieuses en tout genre (excision, lapidation, flagellation, tranchage de mains et autres joyeusetés) imposées par les textes sacrés, et dont la critique serait faire injure à Dieu
- des habitudes alimentaires type casher, hallal, poisson du vendredi, jeûne et abstinence
- des habitudes vestimentaires que certains considèrent comme imposées par leur religion (parce que si on en choque certains, on risque d'en choquer d'autres par solidarité) : niqab, plume dans le cul (ça, c'est ma religion qui l'impose aux femmes, mais elle peut être très discrète, hein, faut pas croire !)
- des pratiques physiques du genre génuflexion, prosternation et embrassades de sol, bien que je trouve cette dernière pratique beaucoup trop fatigante pour un vieux pape
- par prudence et d'une façon plus générale, nous éviterons également toute mention d'une religion (ça pourrait être mal pris).

Quand ces règles seront bien comprises, nous éviteront de parler en mal des animaux (qu ont une âme, puis des plantes (qui en ont une aussi) et finalement nous seront conviés à dire du bien de je ne sais quel nouveau gourou...

Pour simplifier, édictons une loi simple (ce sont les meilleures) : La République garantit la liberté d'expression, sauf celle qui pourrait gêner quelqu'un."

Trève de plaisanterie et d'humour potache ! Je l'ai dit, ça fait beau temps que je ne lis plus Charlie Hebdo. Je ne suis donc pas très bien placé pour juger du caractère offensant ou non de ses dessins.
Mais, deux exemples au moins me laissent rêveur :
La célébrissime couverture "C'est dur d'être aimé par des cons" surtitrée "Mahomet débordé par les intégristes,
Ainsi que la couverture du numéro des survivants : "Tout est pardonné" écrit au-dessus d'un Mahomet, la larme à l'œil, tenant une pancarte "Je suis Charlie".

Oui, je regarde ces 2 couvertures et je me demande  : "mais qu'y a-t-il d'offensant sur ces dessins ?" Et j'avoue que je ne comprends pas. D'un côté, un Mahomet effondré par la bêtise d'un ramassis d'intégristes, de l'autre, le même attristé par tant de violence. Où  est l'injure ? où est la violence ? où est l'irrespect ? Si on ne peut pas publier de tels dessins en France, alors on est mal ; vraiment mal. Où est l'intolérable "blasphème" ? Nous ne sommes pas devant une question posée par le fait religieux, mais devant un problème purement culturel : l'humour "à la française" n'est tout simplement pas soluble dans la mondialisation ! Et à vrai dire, les pays à gouvernance islamique n'ont pas la réputation d'être les plus rigolos du monde, sauf si je me trompe.

Alors, ce que disent les grandes marches de ce week-end c'est peut-être tout simplement : "défendons notre liberté d'expression, non pas à coup de kalachnikov (c'est vulgaire et salissant), mais en expliquant sans cesse et sans relâche, partout, à l'École en particulier, que le rire est le propre de l'homme."

Et quand nous aurons appris à rire ensemble peut-être pourrons-nous vivre plus sereinement, convivialement, cordialement, ensemble.
Parce qu'il ne suffira sûrement pas, pour remettre le monde d'aplomb, d'un nouveau plan banlieues (On a déjà mis beaucoup d'argent dans les banlieues, ce n'est pas moi qui le dis, c'est Bernard Maris), d'un nouveau plan sécurité (un par an depuis 2007, sans aucun succès), d'une nouvelle libération triomphale de la Libye (Merci BHL !) ou de je ne sais quel autre pays en proie à la terreur jihadiste.

Il nous faudra d'abord apprendre à rire ensemble !


[Désolé, c'est la dernière fois que je fais aussi long !]







jeudi 8 janvier 2015

Je suis Charlie

... même si je dessine moins bien qu'eux et que mon feutre n'est pas en très bon état.

dimanche 30 novembre 2014

La langue jubilatoire d'Andrea Camilleri conjuguée par Dominique Vittoz

Ne pouvant, pour des raisons échappant totalement à ma volonté, aller flâner cette année aux "Escales hivernales", je vous fais ici mon petit salon du livre à moi tout seul.
Mon salon du livre est tout petit : un auteur, un livre, une traductrice.
L'auteur : Andrea Camilleri, bien connu pour son commissaire foutraque et sicilien, mais que je préfère encore dans ses romans crypto-historiques, tant son humour, son sens du récit et sa langue font merveille.
Ben non, y'a pas de lien vers Amazon. Allez donc chez votre libraire !

Le livre : son dernier opus, justement, qui vient de paraître chez Fayard : La secte des anges.
Quant à la traductrice, c'est naturellement Dominique Vittoz, qui a déjà traduit nombre de textes de Camilleri (peut-être tous ? Je n'ai pas vérifié) [MàJ : non, bien sûr, Serge Quadruppani en a traduit un bon paquet, et ce n'est pas un manchot non plus !] et qui, dans ce court roman, atteint à mon avis un niveau de viruosité totalement jubilatoire. N'étant pas doué pour les langues qui ne sont pas la mienne (j'allais dire les langues étrangères, mais en fait, elles ne le sont que pour moi), je ne suis pas allé fouiller dans le texte original pour voir où étaient les simples adaptations de la prose de Camilleri et où étaient les re-créations pures et simples de D. Vittoz.  Mais on devine bien le plaisir malin avec lequel la traductrice s'est acharnée à piocher dans d'improbables dialectes hexagonaux, à charcuter tel ou tel mot, à le démembrer, à la faire sonner, à l'enrichir pour donner vie à un nouveau dialecte capable de rendre la langue de Camilleri.
Et l'exploit, c'est que ça n'est jamais brillant (au sens de m'as-tu vu), c'est juste jouissif ! Un festival d'inventions, une création permanente, une langue vraiment vivante qui doit réjouir les mânes de Jean Tardieu, de Raymond Queneau et de quelques autres.
Allez, courez vite chez votre libraire et régalez-vous ! Vous m'en direz des nouvelles.




lundi 28 juillet 2014

Ah ! les belles promos

Google, qui n'ignore rien de mes désirs les plus intimes, sait parfaitement mon affection démesurée pour la Corse.
Google n'étant pas égoïste pour 2 sous, en a bien entendu informé quelques uns de ses amis les plus intimes. Air-France, par exemple, qui, du coup, me fait une offre à ne pas laisser passer. Jugez-en plutôt :
Heu, non, cette image n'est pas cliquable
et je n'ai pas mis de lien vers Air-France !

Légèrement intrigué par cette promo (car, oui, vous avez bien lu, c'est un prix "à partir de..."), je suis allé faire un tour sur le site officiel d'Air-France. Cette exemplaire compagnie aérienne dessert, à partir de Paris (qui, c'est vrai, est très éloignée de Lille...) 151 destinations, de La Havane à Toronto, en passant par Johannesbourg, Dar Es Salam ou Port au Prince.
Sur ces 151 destinations, je n'en ai trouvé que 5 pour lesquelles Air-France propose un prix de billet Aller-Retour (très légèrement) plus cher que le Lille-Bastia très promotionnel ci-dessus.
Eh bien,  je ne m'étais jamais rendu compte que c'était si loin, Bastia ! La prochaine fois que j'irai, je me sentirai au bout du monde, c'est sûr !

Le capital au XXI° siècle

J'avoue avoir un peu hésité à entamer la lecture du bouquin de Thomas Piketty.
Et puis, la presse aidant, les louanges surprenantes des économistes américains... et la chance de le croiser sur l'étal de ma médiathèque habituelle m'ont fait sauter le pas. Sans regret, il faut le dire.
Piketty est un magicien, capable de faire comprendre des notions d'économie et de gestion financière à des gens à peu près vierges sur ces sujets.
Désolé, cette photo ne comporte pas de lien vers Amazon !
Demandez ce livre à votre libraire.

Comment se forme le capital ? Quel rapport entretient-il avec le revenu ? Comment ces deux données essentielles ont-elles évolué depuis 2 siècles ? Et comment sont-elles susceptibles d'évoluer dans l'avenir ? 
Il réussit le tour de force de pondre, sur un thème particulièrement peu rigolo, près de mille pages parfaitement lisibles, solidement argumentées, et accessibles à plusieurs niveaux : le livre est prolongé en ligne où Piketty donne accès à l'intégralité des sources utilisées (si j'ai bien compris, il est le premier auteur à utiliser des séries historiques aussi longues), à des développements techniques plutôt destinés aux économistes professionnels et même à un certain nombre de simulateurs permettant de faire varier les résultats de ses propres analyses en changeant les variables.
Bref, Piketty est non seulement convainquant sur le fond, mais aussi sur la forme, mettant à disposition du public et de ses confrères toutes les bases nécessaires pour le compléter, le commenter, le réfuter même. On se prend d'ailleurs à attendre avec une certaine impatience une "contre-histoire du capital au XXI° siècle" qui serait écrite avec autant de brio par des économistes de tendance plus libérale que Piketty... Car, même s'il nous met en garde dans sa conclusion en rappelant que tout ce qu'il vient de nous expliquer peut et doit être débattu, le bougre est tellement convainquant qu'il nous donne matière à alimenter tous les débats d'aujourd'hui autour de l'impôt (et en particulier de l'impôt sur le capital), des déficits publics, de la dette et des échanges liés à la mondialisation.

Bref, ce n'est peut-être pas le roman de l'été, mais je suis certain qu'il occupera avec profit vos longues soirées d'automne...

mercredi 16 juillet 2014

Vacances ou pas, ce qu'il vous faut, c'est de la culture !



Si vous passez par Chalon-sur-Saône cet été, n'oubliez pas de vous arrêter au Musée Nicéphore Niepce pour (au minimum), y admirer les suberbes photos de Roger Ballen, photographe américain installé en Afrique du Sud et dont le travail "Birds in Asylum" mérite grandement votre attention. Non seulement c'est inventif, interrogeant, profond, drôle parfois (parfois moins !), mais en plus les tirages grand format (de l'ordre de 1 m x 1m, je pense) sont de toute beauté.

Dans un genre tout à fait différent, le Musée présente également une très belle collection de photos stéréoscopiques. À voir également.

*

Si par malheur vous ne deviez pas passer par Chalon, peut-être aurez-vous le bonheur de passer par Lille ? Dans ce cas, ne ratez pas, à l'Hospice Comtesse la très importante exposition consacrée à Érik Desmazières, dessinateur et graveur impressionnant de dextérité.
La salle Labrouste (eau-forte et aquatinte)
Atelier d'artiste (eau-forte et aquatinte)
 Sa maîtrise des techniques de gravure et des grands formats est impressionnante. Ses vues d'ateliers, ses gravures des salles de la vieille Bibliothèque nationale, ses vues de Paris ou d'Amsterdam sont de belles réussites.

 *

Les fusains de O. Bouchery

Une deuxième salle est consacrée à Omer Bouchery, dont les gravures ne sont pas forcément passionnantes (même si elles ont un réel intérêt historique), mais dont je vous recommande les fusains, dont Bouchery maîtrisait l'utilisation même en très petit format.


NB : Les plus attentifs (et les plus âgés !) de mes lecteurs auront sûrement remarqué que le titre de ce billet est un emprunt détourné à l'inoubliable Jean Yanne ! Qu'il soit ici remercié pour sa  contribution involontaire à ce modeste blog.

mardi 10 juin 2014

Le Figaro et ses sondages de république bananière

J'adore les sondages du Figaro : les questions y sont toujours tellement bien posées qu'on on connait toujours la réponse avant de voter !

Mais aujourd'hui, notre grand quotidien du matin fait fort ! Le virage anti-Sarko dont il témoigne est tellement violent... qu'il compte plus de suffrages exprimés que de votants !
Je sais, venant d'un sondage qui concerne l'UMP, on peut s'attendre à tout, mais enfin...

Allez, amis Umpistes, ne perdez pas espoir : si Sarko ne parait pas le bienvenu rue de Vaugirard, j'ai entendu dire qu'on allait y nommer un nouveau trésorier pour remettre de l'ordre dans les fausses factures. Une bonne nouvelle, non ? Enfin, je dis un trésorier, ce serait plutôt une : Isabelle Balkany est prête à donner de sa personne (pas de son argent), me dit-on, pour la bonne cause.


lundi 9 juin 2014

Real humans, vraiment ?

Le test de Turing, inventé par la génial informaticien du même nom, aurait été réussi pour la première fois, nous apprend Le Monde de ce soir !
Je renvoie mes lectrices et lecteurs à leur moteur de recherche préféré pour en apprendre un minimum sur Alan Turing, s'ils ne le connaissent pas, et découvrir comment ce monsieur, roi du décryptage qui a largement contribué à la victoire des Alliés en 1945, en fut remercié par son pays.
Capture d'une capture d'écran réalisée par Le Monde

Notre cobaye, donc, a obtenu un score de 33%, soit 3% au-dessus du seuil fatidique. Bravo, on l'applaudit bien fort, même si Le Monde nous signale qu'il s'est fait passer pour un immigré ukrainien de 13 ans, ce qui peut expliquer des questions mal comprises, des réponses en anglais de cuisine (kitchen english) ou carrément fantaisistes. Mais bon, ça fait tellement plaisir aux informaticiens qui ont bricolé cette machine, ne leur cassez pas leur jouet !
En revanche, une questio me taraude : le compte-rendu ne parle pas des cobayes humains qui ont obtenu moins de 30% au test ; car il doit bien y en avoir. Étaient-ce des ordinateurs déguisés en humains ? J'en frémis !
(Au fait, les prochains épisodes de Real Humans, c'est jeudi soir, sur Arte !)