mardi 10 juin 2014

Le Figaro et ses sondages de république bananière

J'adore les sondages du Figaro : les questions y sont toujours tellement bien posées qu'on on connait toujours la réponse avant de voter !

Mais aujourd'hui, notre grand quotidien du matin fait fort ! Le virage anti-Sarko dont il témoigne est tellement violent... qu'il compte plus de suffrages exprimés que de votants !
Je sais, venant d'un sondage qui concerne l'UMP, on peut s'attendre à tout, mais enfin...

Allez, amis Umpistes, ne perdez pas espoir : si Sarko ne parait pas le bienvenu rue de Vaugirard, j'ai entendu dire qu'on allait y nommer un nouveau trésorier pour remettre de l'ordre dans les fausses factures. Une bonne nouvelle, non ? Enfin, je dis un trésorier, ce serait plutôt une : Isabelle Balkany est prête à donner de sa personne (pas de son argent), me dit-on, pour la bonne cause.


lundi 9 juin 2014

Real humans, vraiment ?

Le test de Turing, inventé par la génial informaticien du même nom, aurait été réussi pour la première fois, nous apprend Le Monde de ce soir !
Je renvoie mes lectrices et lecteurs à leur moteur de recherche préféré pour en apprendre un minimum sur Alan Turing, s'ils ne le connaissent pas, et découvrir comment ce monsieur, roi du décryptage qui a largement contribué à la victoire des Alliés en 1945, en fut remercié par son pays.
Capture d'une capture d'écran réalisée par Le Monde

Notre cobaye, donc, a obtenu un score de 33%, soit 3% au-dessus du seuil fatidique. Bravo, on l'applaudit bien fort, même si Le Monde nous signale qu'il s'est fait passer pour un immigré ukrainien de 13 ans, ce qui peut expliquer des questions mal comprises, des réponses en anglais de cuisine (kitchen english) ou carrément fantaisistes. Mais bon, ça fait tellement plaisir aux informaticiens qui ont bricolé cette machine, ne leur cassez pas leur jouet !
En revanche, une questio me taraude : le compte-rendu ne parle pas des cobayes humains qui ont obtenu moins de 30% au test ; car il doit bien y en avoir. Étaient-ce des ordinateurs déguisés en humains ? J'en frémis !
(Au fait, les prochains épisodes de Real Humans, c'est jeudi soir, sur Arte !)

vendredi 16 mai 2014

La connaissance en tranches de 15 mn !

Vous rêvez de savoir (presque) tout sur la physique quantique, l'origine du langage, le SMIC ou le cancer du sein ?
Alors les Ernest sont faits pour vous !
Les Ernest

Les Ernest, c'est un cycle de conférences en ligne organisée par l'ENS (ça donne une idée du niveau et du sérieux).
Particularité, les conférenciers ont exactement 15 minutes pour développer leur sujet. C'est court, certes, mais bien adapté à l'attention moyenne qu'on peut avoir face à son écran ; ça oblige à aller assez droit au but, et bien entendu, vous ne devez pas vous attendre à comprendre l'intégralité des questions posées et induites par la physique quantique au bout de 15 mn !
Mais ça vaut vraiment le détour. Il y a déjà une soixantaine de conférences : 15 heures de réflexions, d'étonnement, de perplexité... Et si vous n'avez pas tout saisi du premier coup, vous pouvez réécouter autant de fois que vous le voulez. Parce que, bien sûr, en prime, les Ernest sont en accès libre.

Pour accéder au site, cliquez sur l'image ou bien ICI.

jeudi 10 avril 2014

Bon appétit !

Début 2009, j'avais beaucoup apprécié que le prix du petit noir de mon bistrot préféré passe de 1,50 à 1,35 euros, en application de la baisse de la TVA décidée par N. Sarkozy.

Mais voilà que ce matin, je me penche sur mon petit ticket de caisse (je ne le regarde pas toujours, c'est vrai !), et je vois : 1,70 euros.
Bon, c'est encore un coup de Hollande et de son ex-Premier Ministre (...j'ai déjà oublié son nom, c'est terrible, l'âge, quand même), me dis-je ; avec leurs augmentations de TVA, le petit noir est passé d'un taux à 5,5% à un taux à 10%.
C'est vrai. Seulement voilà, si je calcule le prix du café hors TVA en 2009 (soit 1,28 euros) à celui d'aujourd'hui (soit 1,55 euros), je constate que ça représente une augmentation de 21% (pour une inflation cumulée sur la période de 6,8%*.)
Alors, bon, le yoyo de la TVA, tout le monde n'y perd pas !

Bon, c'est pas tout ça, vous en reprenez un petit ? Allez, patron, 2 express, sans sucre !


*Calcul réalisé sur le site de France-Inflation

vendredi 7 mars 2014

Où l'on découvre que Paul Éluard n'a pas écrit que des chefs-d'œuvres

En faisant quelques recherches sur Fougeron (voir le billet précédent), je suis tombé sur une archive (courageusement) mise en ligne par le Parti Communiste ; il s'agit d'un court métrage réalisé à l'occasion du 70e anniversaire du camarade Staline. Il est titré, en toute simplicité :
L'homme que nous aimons le plus


Tout comme la carte postale qui illustre mon billet sur Fougeron, ce petit film a un côté surréaliste difficile à croire. Et pourtant, c'est un vrai film, vraiment interdit par la censure et dont le générique porte des noms aussi prestigieux que Jean Wiener, Claude Sautet, et surtout, surtout, Paul Éluard qui écrivit et lut personnellement le commentaire.
Commentaire qui, disons-le, vaut son pesant de caramels. Allez, juste pour vous mettre l'eau à la bouche, deux brefs extraits :
"Sans le cœur de Staline, sans sa raison ardente, les blés ne lèveraient pas aujourd'hui pour nous. Ceux qui les font pousser le savent."
 Et celui-ci, dans lequel Éluard n'a pas pu s'empêcher de faire des alexandrins :
"Et les mineurs sourient à leur dure besogne, 
d'un sourire clair et chaud comme un feu de charbon 
et Thorez, avec eux, sourit à l'avenir."
Étrange...

jeudi 6 mars 2014

Fougeron à la Piscine

Fougeron, la cuisinière endormie
Les Coings, ou La cuisinière endormie
Très belle rétrospective André Fougeron (1913-1998) à La Piscine à Roubaix, un musée idéal pour présenter l'œuvre de ce peintre autodidacte, membre du Parti Communiste de 1938 à sa mort, résistant et représentant quasi officiel du réalisme socialiste à la française.
Aujourd'hui, ce genre de message est naturellement un peu difficile à comprendre...
Fougeron, Dimanche matin d'une ménagère
Dimanche matin d'une ménagère

Sans doute faudra-t-il encore quelques années pour oublier l'histoire (voir le très intéressant billet de René Merle sur "La civilisation atlantique" et l'affaire du portrait de Staline) et regarder la peinture de Fougeron avec un œil innocent. Mais on peut d'ores et déjà s'y risquer. 

Quand il peint, Fougeron tape fort ! Et pas seulement quand il commet des affiches pour le PC, ni même quand il rend un vibrant hommage à André Houiller, militant communiste assassiné par un policier en civil alors qu'il collait des affiches justement illustrées par Fougeron lui-même.
Fougeron instille le drame dans le portrait même, et ses plus belles toiles sont sans doute celles qui se passent totalement de contexte, comme "La cuisinière endormie", généreusement donnée au Musée par ses héritiers.



Fougeron, Les Juges, Le pays minier
Les Juges, le pays des Mines (détail)
Au total, la rétrospective compte un nombre impressionnant de toiles, mais aussi de nombreux travaux préparatoires (dessins à la mine de plomb, gouchages, fusains, encres de Chine) tout à fait passionnants du point de vue de la genèse des œuvres.  La salle sur "Le pays des Mines" compte, outre des scènes de vie locale très réussies (le coulonneux, les coqueleux, les cyclistes...), un tableau-réquisitoire contre l'insécurité dans les mines (en 1950, 60 morts sur les 61 premiers jours de l'année ! note-t-il en marge d'un dessin), dont le portrait ci-contre est un détail hallucinant.

On l'aura compris, Fougeron n'a jamais peint un modèle qui ait gagné plus que le SMIC ! Son inspiration, ce n'est pas du côté de Vélasquez qu'il faut la chercher, mais plutôt de Goya ou de Courbet (à qui il rend un hommage appuyé.)
Mais allez donc voir par vous-mêmes : La Piscine à Roubaix.


mardi 31 décembre 2013

Vœux latins

Après mon bref aperçu de l'efficacité latine, je vous soumets, en guise de vœux, ce bref extrait de la lettre de Sénèque à Paulinius Sur la brièveté de la vie.

"La vie, si tu sais en user, est longue. Hélas ! l'un est tenu par une avarice insatiable ; un autre par une application forcenée à des travaux d'une insigne inutilité ; (...) celui-ci est harassé par une ambition constamment à l'affût des jugements d'autrui (...), il y en a que le culte ingrat de leurs supérieurs consume dans une servitude volontaire ; (...)la plupart ne se réglant sur rien de consistant, une légèreté vagabonde, volage et mécontente d'elle-même les relance indéfiniment vers de nouveaux projets ; (...) si bien que je ne doute pas que le plus grand des poètes, en une manière d'oracle, ait dit vrai : "Mince est la part de vie que nous vivons." Quant à tout l'intervalle restant, au fond il n'est pas vie, mais seulement temps."

Alors, à tous (et en particulier à ma fille qui m'a permis de découvrir ce très beau texte !), je souhaite pour 2014, de réduire leur intervalle de temps pour augmenter celui de vie.

Cette citation est extraite de "Sur la brièveté de la vie" de Sénèque, traduction Xavier Bordes, éditions Mille-et-une-nuits (N°18) ; le plus grand des poètes dont parle Sénèque est naturellement Virgile. 
Je vous recommande naturellement sa lecture intégrale !

jeudi 12 décembre 2013

Efficacité latine

J'ai déjà noté (ici et , par exemple), le sens de la formule des américains.
À bien y réfléchir, nos ancêtres les Romains n'étaient pas mal non plus. Ils étaient capables, en 3 maximes et 6 mots de vous en donner autant qu'un directeur de conscience nourri aux Sermons de Bossuet.

Horace
Horace, poète romain (-65, -8 Avant JC), à qui l'on doit le célébrissime "Carpe diem"
Jugez plutôt :

Définir les conditions d'exercice de la vie,
pour commencer :
                                                                  Memento mori

Définir les moyens à mettre en œuvre,
ensuite :                                                    Carpe diem

Et, enfin, un petit avertissement d'avoir,
tout de même à rester prudent :
                                                                  Cave canem


Pas mal, non ?

mercredi 11 décembre 2013

Récréation statistique et littéraire

Je m'étais amusé, il y a un moment, à commencer à lister sur Babelio, les livres que j'ai lus. Je me suis arrêté à 198, l'opération étant, réflexion faite, assez dénuée d'intérêt...
Finalement, retombant par hasard sur cette base un peu patchwork, j'en extrais 2 petites listes : celles des livres que j'ai lus (et indiqués dans ma base, bien sûr) qui ont totalisé plus de 5000 lecteurs, et celle des livres qui en ont totalisé 10 au maximum.

Les plus de 5000 :

Le petit Prince (13365)
Le Parfum (11870)
L'étranger (11739)
Ensemble, c'est tout (9118)
1984 (8805)
Millenium 1 (8648)
L'écume des jours (8491)
Madame Bovary (8218)
Millenium 2 (6456)
Des souris et des hommes (6434)
Le Cerlce littéraire des amateurs d'épluchures de patates (6023)
Les hauts de Hurlevent (5926)
Orgueil et préjugés (5693)
Le père Goriot (5296)

[Mais si, j'ai lu le Voyage au bout de la nuit (4499), Les Trois mousquetaires (2929, une honte), et même La Ballade de l'impossible (1000 tout rond) ; en revanche, je n'ai pas lu Millenium 3, ce qui explique sans doute son absence de mon TOP 14]

Finalement, l'intérêt de cette liste est d'anticiper ce que seront, dans 150 ans, les classiques du début du XXI° siècle, non ?!

Les 10 ou moins (alors là, je suis pas content du tout !) :

La forteresse de Mesa Selimovic (6) : c'est une honte !
Les Lettres de Pline de Jeune (8) : vous avez tort, c'est un vrai petit chef d'œuvre.
Mon père de terroriste de Lakhdar Belaïd (4) : un témoignage intéressant sur la guerre d'Algérie telle qu'elle se passait dans les mines du Pas de Calais.
Plouk Town de Ian Monk (3) : si vous ne le lisez pas, allez au moins l'écouter quand il fait des lectures publiques, bordel !
Méli-Vélo, abécédaire amoureux du vélo de Paul Fournel (8) : du Paul Fournel
Le carnaval de Denise de Didier Lesaffre (8) : un excellent poulpe à recommander
En pleine tempête de Sebastian Junger (10) : Ah, non ! Ne me dites pas "oui, mais j'ai vu le film !"
Les soliloques du pauvre de Jehan Rictus (7) : Allez, je vous concède que ça date un peu...
Le droit de la soif de Franck Huyler (4) : Heu... oui, ben, bon, tout le monde peut se tromper.
Le Traité des devoirs de Cicéron (2) : Un style inoubliable. Cet homme était une vraie machine à créer des citations. Vaut le détour. Vraiment.

Bonnes lectures !

samedi 7 décembre 2013

Plus de temps à perdre !

"Madame, Madame, c'est l'heure de se lever si vous ne voulez pas risquer de rater l'expo Vallotton au Grand-Palais !"

Je ne plaisante pas, le 20 janvier, il sera trop tard, et je me suis laissé dire que la foule augmente de jour en jour. Et pour une fois, elle n'a pas tort. Cette exposition est un régal de beauté plastique, d'expression, de couleur, d'humour, de méchanceté... On y voit un nombre impressionnant de bois gravés magnifiques, et je ne sais combien de toiles qui sont autant de coups de semonces à notre confort petit bourgeois.

Photo : La Malade, huile sur toile 74 x 100 cm, 1892