vendredi 26 septembre 2008

In memoriam George Orwell

À l'heure où l'on re-publie partiellement George Orwell et de nouvelles études paraissent sur l'auteur d'Animal farm, je propose de décerner le "PRIX 1984" à la société Axis Communication dont le slogan publicitaire est :

"Bienvenue dans un nouveau monde de vidéosurveillance"

C'est épatant, non ?
Il faut dire que la vidéo correctement installée dans un point de vente peut non seulement permettre "une prévention des pertes plus importante", mais aussi "générer des rapports d'erreur d'encaissement liés à la vidéo" parce que c'est bien connu, il n'y a pas que les visiteurs qui génèrent des pertes, il y a aussi les caissières qui "oublient" de comptabiliser un article.

mardi 9 septembre 2008

Edvige

Si j'ai bien compris, Edvige est un fichier dans lequel seront entre autres recensés tous les mauvais garnements susceptibles de commettre une infraction.
Après avoir bien réfléchi à la question, et dans le souci de simplifier la vie administrative de nos concitoyens, j'ai une suggestion à faire :
Est-ce qu'il ne serait pas plus simple de ficher ceux qui ne sont pas susceptibles de commettre une infraction ?

mercredi 30 juillet 2008

Devoirs de vacances (niveau : débutant)

Étant donné Alcatel-Lucent, calculez le diamètre du parachute doré de Patricia Russo, sa directrice générale démissionnaire.
Pour vous aider, on vous donne les chiffres suivants :
- Résultat de l'entreprise en 2007 : 3,52 milliards de dollars de perte.
Résultat de l'entreprise au 1er semestre 2008 : 1,1 milliard de dollars de perte (en net progrès, donc !)

Réponse : 6 millions d'euros. Son compère Serge Tchuruk, Président du conseil d'administration également démissionnaire ne touchera rien, le pôvre. Il faut dire qu'il a déjà touché 5,6 millions d'euros en 2006 quand il avait quitté la direction générale de cette florissante entreprise.
La vache, c'est quand même dur, la vie de patron du Cac 40 !

mardi 22 juillet 2008

Enfin !

Le bon "docteur" Karadzic, à qui on donnerait hâtivement le Bon Dieu sans confession en le voyant sur cette photo a donc enfin été arrêté, 13 ans après les massacres de Srebrenica.
Pour quelques crimes de rien du tout que je rappelais ici même l'an dernier.
Manque plus que son grand ami Ratko Mladic et le compte sera presque bon.
Ça ne réveillera pas les morts, mais ça permettra peut-être à certains (sur)vivants de mieux dormir.

Photo : AFP, empruntée au site du Figaro.

vendredi 18 juillet 2008

Les méfaits du dopage : enfin des preuves !


Piepoli exclu du Tour ! Le champion ne pouvait plus échapper à la sanction après que chacun eut pu voir que l'abus de produits dopants et anabolisants lui avait fait pousser un troisième bras qu'il n'a pas réussi à cacher lors de son arrivée triomphale à l'étape de Hautacam.
À part ça, question innocente d'un très modeste cycliste amateur de randonnées du dimanche : peut-on vraiment faire un Tour de France au rythme imposé par la télé sans être totalement chargé ?

Photo : AFP, empruntée au site du Figaro et à peine retouchée...

mercredi 2 juillet 2008

Confession

J'avoue... J'ai vu avant-hier "Bienvenue chez les ch'tis"
Comment ce machin a-t-il bien pu faire 20 000 000 d'entrées ???
Les acteurs parlent un ch'ti d'opérette. Ça fait un moment que Dany Boon n'a pas dû mettre les pieds dans un bistrot de quartier populaire de la région, quant à Line Renaud (bon anniversaire, Madame) elle n'a visiblement jamais parlé ch'ti de sa vie et elle anone son texte que ça fait pitié.
Bref, le seul moment drôle du film est celui où les postiers montent un "enfer du nord" de pacotille, à base de corons à moitié abandonnés et de maisons ruinées... Le problème, c'est que ça tient plus du reportage que de la charge humoristique ! N'oubliez pas : 15% d'illettrisme dans le Nord-Pas-de-Calais, ces 2 départements étant joyeusement classés derniers par l'Express de cette semaine en terme d'état de santé des habitants, ça vous laisse imaginer des gens en mauvaise santé et inaptes à tout travail demandant simplement de savoir lire... Autant dire que ça fait un bon paquet de monde qui n'a pas les moyens d'habiter un joli pavillon de banlieue ou une charmante maisonnette très couleur locale à Bergues.

Une "simple" fiche de paye...

Alors que nos braves sénateurs débattent en ce moment même du nouveau statut de l'auto-entrepreneur (excellente initiative à mon sens, même si elle n'est pas sans danger, mais ceci est une autre histoire) qui permettra à tout un chacun de déclarer une modeste activité commerciale ou de services et de s'acquitter forfaitairement de son IRPP et de ses charges sociales par un prélèvement strictement proportionnel, sans système diabolique de provision à N+1 d'ajustement à N+2, de régularisation à N+3 et autres calculs à la mord-moi-la-calculette qui font que même un expert comptable est parfois bien en peine de prévoir ce qu'il faut mettre de côté pour qu'un pauvre entrepreneur puisse faire face à ses charges futures.
Enfin une mesure de simplification administrative.
Par comparaison, j'ai regardé combien de données chiffrées figuraient sur les fiches de paye de mon entreprise. Je ne parle là que des données ayant directement rapport avec la rémunération : base, taux, montant, tant pour le salarié que pour l'employeur. Ne sont donc pas comptés les autres valeurs chiffrées (N° de sécu, dates diverses, etc.)
Ça va grosso-modo du simple au triple, selon la situation. La plus simple comporte 54 données chiffrées... et il s'agit de la fiche de paye d'un apprenti, très largement exonéré de charges sociales !
La plus... complète en compte 154 !
Pas mal, non ?

Photo : illustration empruntée à Ciel ! Éditeur bien connu de logiciels de paye.

mercredi 4 juin 2008

Lettres de prison

Pascale Robert-Diard, journaliste judiciaire au Monde et blogueuse impénitente (à voir ici) a fait une trouvaille qui vaut son pesant de ... de quoi au fait ? Je me le demande d'un seul coup !
Il s'agit d'une authentique circulaire émanant du Ministère de la Justice ; elle est datée de 1949 :

“Paris, le 29 juillet 1949,

Messieurs les directeurs des circonscriptions pénitentiaires,

Il a été prescrit par une précédente circulaire que du papier hygiénique devait être mis en quantités suffisantes à la disposition des détenus afin d’éviter la détérioration des volumes des bibliothèques.

Je crois devoir vous rappeler ces instructions qui paraissaient être méconnues dans certains établissements où leur application se heurte sans doute à des inconvénients d’ordre financier. C’est pourquoi, au cas où l’achat du papier hygiénique engagerait des dépenses trop élevées, il y a aura lieu de distribuer des vieux journaux ne présentant plus aucun caractère d’actualité”.

Ça m'a rappelé mon enfance. Dans la maison de vacances, les cabinets étaient équipés de l'annuaire téléphonique de l'année précédente. Nous étions priés de découper chaque page en 4 ; il faut dire que nous étions assez nombreux à occuper cette maison et qu'à l'époque, les abonnés au téléphone du département du Loir-et-Cher où elle se trouvait, ne l'étaient guère !

mercredi 21 mai 2008

Oh, dis, putain, t'as vu le prix de l'essence ?!

- Eh oui, je l'ai vu le prix de l'essence. Environ 1,45€ le litre de Super machin 95 aujourd'hui.
- Ouais, bien dis-donc, c'est vachement cher. Encore un peu et je ressors mon vieux biclou ! Dommage que j'aie si mal au genou.
- Cher, cher, comme tu y vas. 1,45€ le litre, ça veut dire qu'avec un Smic à 8,63€ tu peux t'acheter 6 litres de super.
- Quoi, 6 litres seulement ? Mais tu vas nulle part avec 6 litres !
- C'est vrai, tu vas pas très loin. Mais regarde un peu dans ton rétroviseur : il y a juste 40 ans, en mai 68...
- Ah ! Ouais, super, Mai 68, qu'est-ce qu'on s'est marrés ! Tu te souviens ?
- Oui, oui, mais à cette époque...
- Justement, à cette époque, l'essence était pratiquement donnée !
- Ben en réalité, pas tout à fait, elle était à 1,04 franc.
- Tiens, qu'est-ce que je te disais : donnée elle était l'essence. Je me souviens, on mettait 20 litres dans la deuche, et roulez jeunesse !
- C'est à dire que, en fait, tu vois, 1,04 franc, en euros constants, ça fait 1,12 euros d'aujourd'hui.
- Ah ? Tant que ça ?
- Ben oui, mon lapin, et avec un Smic à 3 francs (après les accords de Grenelle), soit 3,24€ en euros constants, finalement, le smicard, avec une heure de boulot, il ne se payait même pas 3 litres d'essence. Et de l'ordinaire, encore !
- Attends, t'es en train de me dire qu'en roulant au Smic, on peut polluer deux fois plus aujourd'hui qu'il y a quarante ans quand la vie était si belle ?
- Ben en quelque sorte, oui...

mercredi 14 mai 2008

Rigoletto

L'Opéra de Lille donne actuellement un magnifique Rigoletto, avec en particulier Stefano Antonucci dans le rôle titre et Stacey Tappan dans celui de Gilda.
Rigoletto (G. Verdi, 1851, d'après Le Roi s'amuse de V. Hugo), c'est bien sûr une sévère critique des puissants qui s'amusent aux dépends des obscurs, des sans-grade, comme ce pauvre bouffon bossu de Rigoletto, mais c'est aussi la malédiction (titre original de l'œuvre) qui s'acharne sur Gilda et son trop possessif père, Rigoletto. À force de vouloir faire son bonheur malgré elle, les choses se terminent mal...
À Lille, le duo Rigoletto-Gilda fonctionne à merveille. À la fin du 2e acte, les deux protagonistes fusionnent dans un duo qui vous met les larmes aux yeux. Au début du 3e, Rigoletto donne la mesure du malentendu ("Elle est mon seul bien", dit-il.) À partir de ce moment-là, les quiprocos s'enchaînent jusqu'à conduire au sublime duo du dénouement qui voit Gilda mourir d'avoir transgressé les interdits paternels, et Rigoletto à jamais mort-vivant, inconsolable et découvrant trop tardivement que nos enfants ne nous appartiennent pas.
Si la mort permet finalement à Gilda de transcender la situation, Rigoletto restera pour toujours l'homme vaincu par un destin qu'il s'est lui même tracé.
Finalement, les deux thèmes centraux de cet excellent Verdi n'ont pas vraiment pris de rides en un siècle et demi : l'arrogance bling-bling des puissants ("Je l'aime, elle est belle, elle est intelligente, elle parle deux langues", suivi de "je l'aime, elle est belle, elle est intelligente, elle parle quatre langues" auraient tout aussi bien pu sortir de la bouche du Duc de Mantoue) ; quant aux enfants, malgré mai 68, le féminisme et toute la modernité du XXIe siècle, sommes-nous bien sûrs qu'ils ne nous appartiennent vraiment plus... Et le savent-ils eux-mêmes ? Je n'en suis pas certain.